Amañ pell doh en trouz (Bouéh er mæzeù : la voix des campagnes)

Description de ce cantique breton

  • Genre : Chant d'entrée, Chant d'envoi / Evit kloza an overenn
  • Orthographe : Breton Vannetais
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Paroles : abbé Louis Pourchasse (1720-1796) révisées par l’abbé Pierre Le Goff (1860-1941)  et le chanoine Mathurin Le Priellec (1869-1945)

Mélodie : Adaptation d’un vieil air français : « Ah que ces lieux champêtres… »

 

Notes (d’après l’abbé Pierre Le Goff) : Ce magnifique cantique, hélas trop oublié, fut écrit par l’abbé Louis Pourchasse, prêtre du diocèse de Vannes (1720-1796) sur un air bucolique français. (ah, que ces lieux champêtres nous sont favorables… » De cette ritournelle, il a écrit un classique du fidèle paysan breton contemplant les merveilles de la création du Seigneur dans son quotidien et en a fait ce cantique très adapté pour les Rogations, processions pénitentielles lors des trois jours précédant l’Ascension afin de prier pour que Dieu bénisse les fruits de la terre et nous protège des périls.

 

Le texte fut révisé et modernisé par les abbés Pierre Le Goff et Mathurin Le Priellec pour la première édition du Livr kanenneu eskopti Gwéned de 1922 (livre de cantiques du diocèse de Vannes)

Natif de la paroisse de Ploeren, près de Vannes, l’abbé Louis Pourchasse fut après l’expulsion des PP. Jésuites du Royaume de France et la dissolution de la Compagnie de Jésus en 1762 un fidèle continuateur de leurs œuvres comme missionnaire diocésain des campagnes du diocèse de Vannes. Il suivit l’exemple du Bx RP Julien Maunoir en continuant à prêcher des missions paroissiales en breton et en publiant nombre d’ouvrages de dévotion, de catéchisme et de cantiques.

Quand vint la Révolution, il refusa le serment schismatique à la constitution civile du clergé et se cacha jusqu’à sa mort, vêtu en paysan, continuant à clandestinement administrer les sacrements dans les campagnes autour de Vannes, toujours insaisissable grâce à la complicité de ses fidèles. Il mourut, épuisé, à l’âge de 76 ans.

 

 

Le texte de ce cantique fut transcrit et adapté pour le diocèse de Quimper et Léon par l’abbé Yann-Gwilloù Herry (Jean-Guillaume Henry) (1803-1880), natif de Mellac, aumônier de l’hôpital de Quimperlé, auteur et adaptateur de nombreux cantiques bretons, à la fois ami-collaborateur et compatriote à la fois de Théodore Hersart de la Villemarqué, auteur du Barzhaz Breizh et académicien, ainsi que de Matilin Furic, (1789-1859) le très fameux sonneur de bombarde virtuose : Matilin An Dall- Mathurin l’aveugle de son nom d’artiste- qui se plaisait tant à brouiller les pistes en mélangeant les airs bretons ancestraux tout en digérant l’opérette parisienne et la mêlant aux airs bretons. C’est d’ailleurs l’abbé Henry qui lui administrera les derniers sacrements à l’hôpital de Quimperlé.

L’abbé Henry fut l’un des premiers auteurs de cantiques bretons à privilégier systématiquement les mélodies bretonnes plutôt que les airs d’origine française, en cela inspiré par ses deux prestigieux amis ainsi que par les nombreux pauvres en fin de vie qu’il accompagna dans son ministère d’aumônier d’hôpital avec tous leurs trésors de mémoire.

Sa démarche inspirera ses successeurs prêtres diocésains, religieux et laïcs auteurs de cantiques des diocèses de Vannes, de Quimper et Léon et de saint Brieuc et Tréguier pour les différents recueils entre 1922 et 1948 qui constituent encore l’équilibre notre corpus actuel de cantiques bretons tant sur le plan des textes que des mélodies.

 

https://www.diocese-quimper.fr/kantikou/aman-pell-diouz-an-trouz-kantik-al-labourer-devot/

Une autre version KLT fut composée en 1933 pour les doyennés de Gourin et du Faouët, plus proche de la version vannetaise initiale.

Ce cantique est chanté sur deux mélodies, l’une pour le diocèse de Vannes l’autre pour le diocèse de Quimper et Léon d’origine inconnue.

 

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